Bien sûr, comme dans les assemblées de l'époque, il n'y a pas
de femme (sinon la peinture se serait appelée : Le Premier
jour des soldes).
" Au moins, avec la peinture de la fin du XIX° siècle, il y a, sans vilain jeu de mots, à croûter " : avec sa gouaille habituelle, Jean-Bernard Pouy ouvre l'exercice qui lui a été confié et livre son interprétation du Combat de coqs en Flandre (1889) conservé au musée La Piscine - musée d'art et d'industrie André Diligent à Roubaix. Il frime, il tergiverse, il tourne autour de la toile tel un fauve entêté. Il y fait intriguer Zola, y reconnaît Victor Hugo, " notre Totor national ", en spectateur omniscient, présidant cette assemblée de parieurs qui incarnent à la fois la France qui travaille et la France qui dirige. Faussement enveloppée d'une verve triviale, c'est une réflexion habile sur la tradition et l'interprétation dans l'art que nous livre Jean-Bernard Pouy.
J'ai reçu ce titre des éditions Invenit dans le cadre de l'opération "Un éditeur se livre" du site communautaire, Libfly. Je tenais à les remercier pour cette belle initiative et pour l'envoie de ce roman. La collection Ekphrasis ne m'est pas totalement inconnue puisque j'avais déjà pu apprécié un de leurs ouvrages par le passé. Je suis vraiment ravie de pouvoir en découvrir un autre. Cette fois-ci, c'est un autre tableau qui est à l'honneur. Il s'agit de Combat de coqs en Flandre de Rémy Cogghe, sous le regard de Jean-Bernard Pouy. Il est exposé à la Piscine, dans la ville de Roubaix. Je connaissais déjà cette peinture et ce fut donc avant d'autant plus de plaisir que je me suis plongée dans ce court essai.
J'ai vraiment apprécié cet écrit, peut-être même plus que celui de Maurice Pons sur L'île engloutie de Paul Klee. Il y a vraiment deux raisons pour lesquelles Combat de coqs en Flandre est un coup de coeur. Premièrement, j'ai vraiment apprécié le style d'écriture de Jean-Bernard Pouy. Il n'est pas dans la poésie mais plutôt dans l'humour voire la satyre quand il compare le combat de coqs à une session de l'Assemblée Nationale sous la Troisième République (le tableau ayant été peint en 1889). Certaines interprêtations étaient véritablement bien trouvées tout comme certains symboles (pourquoi le coq au premier plan a-t-il des plumes bleues, blanches et rouges ?). J'en viens ainsi au deuxième élément que j'ai apprécié. L'auteur a dû étudier le tableau dans ses moindres détails et il les montre au lecteur. Par exemple, je n'avais jamais remarqué que le personnage à côté de celui qui est debout au centre ressemble, étrangement à Victor Hugo. Le livre est rempli de petits zooms sur de petites précisions.
Les éditions Invenit nous propose un ouvrage à la fois intéressant et captivant, que nous connaissons ou non l'oeuvre picturale choisie. Cette collection permet de découvrir l'art d'une autre manière et c'est quelque chose que j'apprécie. J'aime également le fait de découvrir la vision d'un auteur sur un tableau et pas une description formelle.

1 commentaires:
Je ne connaissais pas les éditions Invenit, du coup je vais me renseigner car ton avis m'a tentée.
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