Ce sont les tableaux qui nous regardent.
« Ce sont les tableaux qui nous regardent » : ces seuls mots découverts au réveil d’un matin onirique, autrefois prononcés par Paul Klee, plongent l’écrivain Maurice Pons dans l’univers de L’Île engloutie (1923), une peinture conservée au LaM – Lille métropole, musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut. On retrouve avec bonheur cet écrivain à l’œuvre parcimonieuse et son écriture vagabonde, d’où jaillissent des univers mêlant réalité et fantastique. Maurice Pons réussit avec malice à nous attirer dans le tableau du maître, au plus profond du bleu qu’il affectionne tant et qui l’avait déjà inspiré dans un texte sur le peintre Joachim Patinir. Ce voyage dans les profondeurs de la peinture nous plonge au cœur de la ferveur que Maurice Pons partage avec Paul Klee pour les mondes du rêve et nous entraîne dans leur quête commune d’un « paradis inimaginable ».
I. Introduction
J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une opération organisée par le site communautaire Libfly qui s’intitule « Un éditeur se livre ». Le but est de faire découvrir la ligne éditoriale d’une maison d’édition. J’étais très intéressée par ce partenariat car je suis toujours ouverte à la découverte de nouvelles maisons d’édition, de nouveaux romans, … Avant de postuler, je ne connaissais pas du tout les éditions Invenit ni leurs collections, les titres qu’ils proposaient. Qu’à cela ne tienne ! Je fais un petit tour sur le web pour en apprendre un peu plus. Je vous cite le début de la présentation que vous pouvez trouver, bien entendu, sur le site : "Les éditions Invenit sont nées de la passion du beau livre et du désir de se mettre au service de la culture et du patrimoine des régions du nord. Elles prolongeaient ainsi naturellement les activités de l’agence de communication du même nom spécialisée dans le graphisme à vocation culturelle. C’est cette particularité, ce commencement, qui définissent l’esprit des éditions Invenit. Les livres, par la recherche de formats singuliers et de matières originales, par l’élégance de la mise en page, deviennent des objets vivants, les véhicules de la mémoire et de l’histoire d’une région attachée à son identité sociale et culturelle."
Autant dire qu’après ça, j’avais d’autant plus hâte de recevoir L’île engloutie de Maurice Pons. Leur ligne éditoriale me semblait particulièrement adaptée à ce que j’avais envie de découvrir. J’apprécie l’art, la culture et j’aime tout particulièrement le patrimoine d’une région, ce qui fait son identité, … Il faut avouer que je suis originaire d’une région qui a un fort patrimoine, la Bretagne, et je vis également dans une telle région, l’Alsace. Le Nord est, je me confesse, une région que je ne connais que très peu.
« La passion du beau livre » se retrouve dans l’ouvrage que j’ai reçu. Quand je l’ai eu dans les mains, je ne pouvais pas m’empêcher de le regarder, de le toucher, de faire tourner les pages, … Ce qui m’a d’abord plu est la couleur verte du livre qui est vraiment très belle et qui fait ressortir le médaillon bleu. Il s’agit en faite d’une partie du tableau de Paul Klee, L’île engloutie qui se trouve au musée LaM de Lille. Ce tableau sera présent durant toute la lecture puisque certains détails sont reproduits en grand. Les pages sont également très belles, d’une jolie couleur crème, épaisse, … En bref, vous l’aurez compris, c’est un magnifique objet.
II. Le livre : fond et forme
En commençant L’île engloutie de Maurice Pons, je ne savais pas véritablement à quoi m’attendre. A la lecture du résumé, je pensais lire un court roman, imaginaire, tiré ou inspiré du tableau. Afin de le dire autrement, je m’imaginais que l’auteur allait nous raconter comment cette île s’est retrouvée engloutie. Un autre mythe de l’Atlantide en somme. Le commencement du livre m’y a fait également pensé. Toutefois, au bout de quelques pages, j’ai compris que je n’avais pas entre les mains un roman.
Cet ouvrage appartient à la collection Ekphrasis qui a pour objectif de confier « au regard sensible d’un auteur une peinture remarquable, trésor emblématique ou insoupçonné d’un musée. Le temps d’une lecture, un rapport d’intimité s’instaure ». Par conséquent, Michel Pons nous invite à découvrir un tableau de Paul Klee à travers un texte littéraire. Il nous dévoile ainsi son rapport avec cette œuvre picturale de toute beauté. Il nous permet de la regarder, l’observer sans que nous soyons déranger. Le choix de mettre des détails du tableau au fil des pages et le tableau en lui-même au tout début fut un choix judicieux. Il nous accompagne ainsi tout au long de la lecture, nous permettant ainsi de voir où l’auteur pose son œil à un moment donné.
Je ne fus pas déçue de voir que ce n’était pas un roman. Au contraire, un roman ne m’aurait, finalement, pas paru pertinent ni même aussi intéressant. Je pense qu’on se serait trop éloigné de l’œuvre de Paul Klee. Or, là, elle est véritablement au centre de l’ouvrage.
Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécie le style de l’auteur. Il ne fait pas une banale description de L’île engloutie, ce qui aurait pu vite être ennuyeux. Maurice Pons la décrit d’une manière véritablement poétique. Tout le livre est un poème, une ode à cette île. Il faut avouer que cette aquarelle est particulièrement belle avec tous ces tons de bleu. Il imagine une petite histoire à cette île, il essaie de trouver des interprétations à certains éléments de la toile qui peuvent nous amener à nous poser des questions, comme la présence d’étoile dans le ciel de la mer, … J’ai beaucoup aimé son interprétation à ce sujet.
III. Conclusion
Je tenais à remercier Libfly pour m’avoir permis de découvrir ce titre et les éditions Invenit pour avoir proposé ce partenariat. Je referme ce livre, enchantée par cette lecture et je l’ai même relu peu de temps après. C’est le genre de livres où nous découvrons toujours un détail qui nous a échappé à la première lecture.
Ce fut une excellente découverte et je retiens de cette maison d’édition une certaine originalité. En effet, ce rapport entre littérature et peinture est des plus intéressant. J’apprécie également le fait qu’ils souhaitent faire découvrir le patrimoine culturel du Nord, c’est une initiative qui mérite d’être soulignée.


2 commentaires:
ça donne envie !
Je confirme, ça donne envie !
Un bien joli billet.
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