Le pressentiment l'avait assailli toute l'après-midi, lui coupant
parfois la respiration. Elle ne savait d'où venait cette peur
étrange, cet étouffement qui lui avait fait, à plusieurs reprises,
rejeter la tête en arrière pour aspirer un surplus d'air.
Les protégés de l'Abbaye de saint-Thélème, sur la côte normande, ne craignent plus guère les invasions, pillages, viols et autres barbaries des Vikings : ceux-ci, dit-on, se sont convertis au christianisme depuis une vingtaine d'années. Marion, la jeune "ymagière" qui sculpte dans la pierre des gisants, des saints et des vierges, s'y croit donc à l'abri. Et pourtant, un jour, une horde d'hommes du Nord débarque, l'enlève... et lui entrave les mains dans des moufles d'acier. Marion mettra du temps à comprendre que le clan du chef Rök voit en elle une magicienne capable de redonner vie à ses dieux ancestraux et qu'elle perdra la vie si elle ne donne pas satisfaction. Mais au pays des glaces, la jeune tailleuse de pierre va aussi se découvrir des ennemis. Surtout, elle va mettre à jour des secrets qu'il aurait mieux valu pour elle ne jamais connaître.
***
Serge Brussolo est un auteur qui ne m'est pas totalement inconnu. Certes, il s'agit du premier roman de lui que je lis mais son nom m'est familier. En effet, j'ai un autre roman qui m'attend dans ma bibliothèque, La princesse noire. La captive de l'hiver se trouvait dans ma wish-list. Aussi, je tenais à remercier Livraddict et Le Livre de Poche pour m'avoir permise de découvrir ce roman.
Ce dernier se situe dans un cycle d'au moins trois livres (j'ignore totalement s'il en existe d'autres) dont il est le deuxième. Le premier s'intitule Pélerins des ténèbres et j'avoue que le résumé est plus que tentant. Je pense que je vais essayer de me le procurer. Par ailleurs, la fin de ce deuxième tome laisse présager une suite.
Cependant, malgré le fait qu'il y ait un autre ouvrage avant, La captive de l'hiver reste indépendant même si le premier chapitre fait pas mal de références à ce premier livre. L'histoire est bien construite et la narration avance très vite. Par conséquent, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Le livre n'a aucune longueur malgré les quelques moments d'accalmie. Autrement dit, une fois commencée, il est quasiment impossible de s'arrêter. J'ai toujours souhaité aller plus loin pour savoir comment cette histoire allait se terminer, si Marion allait s'en sortir, ... La fin m'a un peu surprise dans la mesure où elle n'était pas du tout ce à quoi je m'imaginais. Néanmoins, elle est loin de m'avoir déçue car j'aime être étonnée.
J'ai également apprécie le style d'écriture de l'auteur. Outre le fait qu'il soit fluide et plutôt agréable, je l'ai trouvé très "visuel". Je m'explique. Le roman ne comporte pas beaucoup de descriptions de lieux ou de personnages qui sont juste esquissés. Pourtant, je n'ai eu aucun mal à les imaginer. Toutefois, ce que j'ai réellement adoré dans ce roman est le fait que l'action se passe chez les Vikings. Le choc des cultures est intéressant et notamment quand l'auteur évoque les croyances religieuses et même superstitieuses de ces colosses taillés pour la guerre. J'avoue que ma curiosité en a été piquée et j'ai envie d'en savoir un peu plus sur ce sujet mais également sur leur mode de vie.
Il y a une multitude de personnages et tous sont importants pour l'histoire et son déroulement. Néanmoins, il est aisé de les différencier. En effet, ils ont des rôles et des caractères différents. J'ai apprécié le personnage de Marion. Elle est attachante et j'ai vraiment ressenti une certaine empathie pour elle à certains moments. J'ai eu peur pour elle, j'ai espéré avec elle, ... Cependant, j'ai trouvé que les personnages les plus intéressants étaient les Vikings. Ils ont tous leurs secrets et leur psychologie est plutôt bien travaillé.
En conclusion, je dirai simplement que j'ai littéralement adoré ce roman que j'ai dévoré en deux soirées. Il m'a donné envie de découvrir un peu plus ce roman.
La captive de l'hiver / Serge Brussolo / ISBN 225317274X / 314 pages / 5 € 50






